L’alcoolisme est la seconde cause de mortalité évitable, après le tabagisme qui occupe la première place. En effet, chaque année, le tabac est responsable d’environ 73 000 décès en France. Quant à l’alcool, il coûte la vie, directement ou indirectement, à 45 000 personnes par an. Parmi ces chiffres, l’alcool est complètement responsable de 23 000 décès (cancer des voies aérodigestives supérieures, par cirrhose ou par mort prématurée liée à l’alcoolodépendance).

Les gènes jouent un rôle sur l’addiction à l’alcool 

Personne ne naît avec un gène spécifique lié à l’alcoolodépendance. Cependant, plusieurs études montrent qu’un certain nombre de gènes accentuent les risques, et plus particulièrement ceux qui éliminent l’alcool de l’organisme. 

Les gènes jouent, par exemple, un rôle dominant sur l’absorption de l’alcool dans le tube digestif, l’entrée des molécules dans le cerveau, ainsi que sur le métabolisme des cellules cérébrales… 

Comme nous l’avons énoncé précédemment, il n’y a pas de gène propre à celui de l’alcoolodépendance, mais cependant certains sont impliqués dans la dépendance. Il y a notamment, le gène ADH1B, qui a un rôle dans la fabrication d’une enzyme dans le foie, qui permet d’absorber l’alcool. Et également, le gène DRD2, en lien avec les récepteurs de dopamine, qui agit sur la vulnérabilité de la dépendance. Des mutations dans ces gènes provoquent ainsi une réaction différente pour chacun face à l’alcool. Le risque d’alcoolodépendance est donc lié à l’interdépendance complexe de ces gènes. 

35 à 40% des risques d’être dépendant à l’alcool est défini par les gènes. L’autre part de ce pourcentage de manifester une alcoolodépendance s’explique par les facteurs environnementaux. 

Les facteurs environnementaux ont un rôle plus important que les gènes dans le développement d’une dépendance à l’alcool

Le rôle de l’environnement, incitateur ou protecteur face à l’alcool, est important dans l’alcoolodépendance. En effet, chacun est libre de ses choix et donc, de consommer de l’alcool quitte à prendre le risque d’en devenir dépendant. Cet aspect est majeur pour la prévention contre l’alcoolodépendance. Contrairement aux idées reçues, les facteurs environnementaux sont bien plus importants que ce qu’ils y paraissent.

Une personne vivant dans une famille où la consommation d’alcool quotidienne est banalisée, ne sera pas neutre face à une autre personne, qui n’a pas l’habitude de voir ses proches boire régulièrement. Le fait d’hériter de ces habitudes favorise la vulnérabilité de développer le trouble d’alcoolodépendance.  
Comme les drogues, l’alcool concentre son action sur un certain type de récepteur. Le principal ingrédient de l’alcool, l’éthanol, a une influence sur la quasi-totalité de notre système. Il touche les réseaux de l’acétylcholine, de la dopamine, du glutamate, et surtout du gaba (acide γ-aminobutyrique). Dans le cerveau d’une personne qui ne consomme pas d’alcool, le gaba agit comme le grand ralentisseur de l’activité des neurones. À l’inverse, avec une forte consommation d’alcool, l’éthanol touche les récepteurs du gaba, et exagère le ralentissement du cerveau.

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