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Alcool : comment traiter les problèmes liés à l’addiction ?

Alcool, comment traiter les problèmes liés à l’addiction

5 millions de Français ont des difficultés médicales, psychologiques et sociales liées à leur consommation d’alcool. La seconde cause de mortalité évitable en France est l’alcoolisme. À elle seule, cette addiction cause le décès de 45 000 Français chaque année. Et d’après l’OMS, c’est 3 millions de personnes qui sont décédées dans le monde en 2016 suite à l’abus d’alcool. Le bilan est édifiant. Face à ce constat, le Ministère des Solidarités et de la Santé et les organismes de santé publique ont mis en place différentes campagnes d’information pour lutter contre les ravages de l’alcool. 

Pour traiter les problèmes liés à l’alcoolo-dépendance, il est important de rappeler que le sevrage n’est pas la seule solution. Il ne faut pas écarter les solutions alternatives qui existent, et veiller à ce que l’entourage ne tombe pas dans la codépendance. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, un chemin qui peut être long et éprouvant est à parcourir pour les personnes qui souhaitent arrêter ou réduire leur consommation d’alcool.

Source : Groupe APPEL (Alcoolisme, Parole, Partage et Liberté)

Se faire aider

Il est conseillé de se faire aider pour arrêter de boire, car les risques liés au sevrage peuvent parfois présenter des troubles psychologiques (hallucination, convulsion, etc.). En amont, il est donc préférable de discuter et d’échanger avec un professionnel de santé spécialisé en addictologie, pour établir un bilan sur le degré de l’addiction. Suite à ce point, l’addictologue sera en mesure d’accompagner la personne alcoolo-dépendante, avec la réalisation d’un protocole d’arrêt de l’alcool qui lui sera adapté. L’accompagnement ne peut que renforcer la motivation à réduire ou arrêter totalement la consommation d’alcool.

La consommation contrôlée

“La consommation contrôlée devrait faire partie du suivi des patients dépendants de l’alcool. Plusieurs recherches ont montré que les prises en charge incluant la consommation contrôlée dans les objectifs thérapeutiques avaient de meilleurs résultats à long terme que les prises en charge exigeant l’abstinence. Dans le suivi des dépendants à l’alcool, la consommation contrôlée peut être un but thérapeutique en soi, une étape vers l’abstinence ou une façon de diminuer les méfaits liés à la consommation. Le fait d’accepter les buts que le patient souhaite atteindre permet de renforcer l’alliance thérapeutique et évite les ruptures de traitement. Cela permet aussi une approche tout en nuance qui aide le patient à éviter des positions extrêmes oscillant entre abstinence et consommation massive.”

Dr Anaïs Albrecht et Pr Jean-Bernard Daeppen

La consommation contrôlée n’est pas simplement une observation pour maintenir les patients dans le circuit du soin, elle permet une réduction des risques de récidive et bien sûr une amélioration de la qualité de vie. Au premier abord, cette méthode peut paraître plus difficile que l’abstinence pour certains alcooliques, car le consommateur contrôlé reste toujours en contact avec l’alcool. Pourtant, sur le long terme, elle présente de meilleurs résultats. Il est également possible de commencer par une consommation contrôlée, pour entrer dans le circuit du soin, et ensuite amener vers une abstinence. 

Pour fonctionner correctement, cette méthode de consommation contrôlée doit être adaptée à chacun selon le degré de consommation d’alcool et les antécédents. 

Comment lutter contre la codépendance ? 

Sur les 5 millions de personnes qui abusent dans leur consommation d’alcool, cinq membres de leur entourage en souffrent. Cette souffrance peut se traduire par la notion de codépendance. Mais qu’est-ce que la codépendance ? Il s’agit de la manifestation d’un comportement, d’une envie d’agir pour aider la personne dépendante. En général, la personne codépendante est souvent le conjoint, les enfants ou encore les parents de la personne alcoolo-dépendante. 

“En général, la personne co-dépendante sera animée d’un désir plus ou moins intense de vouloir aider la personne dépendante sans tenir compte de ses propres limites, de sa propre vie et sans réaliser qu’elle est impuissante à changer le comportement addictif de l’autre. Souvent la personne co-dépendante, pleine de bonnes intentions, par amour dans le cas des conjoint(e)s ou des parents, assume tout à la place de l’autre. Elle lui évite ainsi d’être confrontée aux conséquences de sa consommation et, sans le vouloir, elle la déresponsabilise. Il s’agit en fait d’une adaptation progressive et inconsciente au dysfonctionnement de l’autre.”

Groupe APPEL (Alcoolisme, Parole, Partage et Liberté)

Il est important de prendre conscience que la personne codépendante, pensant agir dans l’intérêt et pour le bien de la personne alcoolo-dépendante, ne fait finalement qu’aggraver la situation. Le dépendant se trouve conforté dans son mode de vie, dans son addiction et la situation ne peut alors s’améliorer. De plus, cette situation peut elle-même engendrer dépression, stress et anxiété chez la personne codépendante, car toute cette machination peut s’avérer être une charge mentale difficile à porter quotidiennement.

Lutter contre la codépendance commence par une remise en question. La meilleure chose à faire est de prendre conscience des bonnes solutions à adopter, afin de ne pas s’abandonner ensemble dans ce processus de réduction ou d’arrêt de la consommation d’alcool. Il faut comprendre qu’il est impossible de régler seul le problème d’addiction d’une des personnes de notre entourage. A l’inverse, il est très important de l’accompagner et lui apporter du soutien.

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